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- avril 2010Lire la suite
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Pourquoi les troubles musculo-squelettiques sont-ils notre priorité à tous ?
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont le problème de santé lié au travail le plus fréquent en Europe. Prés de 24 % des travailleurs de l’UE-25 déclarent souffrir du dos et 22 % se plaignent de douleurs musculaires. Ces deux affections sont plus répandues dans les nouveaux Etats membres où leurs taux de fréquence respectifs sont de 39 et 36 %. Les TMS ne sont pas seulement une cause de souffrance et de perte de revenus pour les personnes, ils sont aussi coûteux pour les entreprises et les économies nationales. S’ils peuvent affecter n’importe quel travailleur, il est possible de prévenir leur apparition en évaluant les tâches, en mettant en place des mesures préventives et en vérifiant que celle-ci restent efficaces.
« Allégez la charge » est le thème de la campagne européenne qui sera consacré aux TMS en 2007. Cette campagne, à laquelle doivent participer tous les Etats membres de l’Union européenne et les pays de l’Association européenne de libre échange (AELE), vise à faire progresser l’action engagée contre les TMS pendant la première semaine européenne organisée en 2000 sous le slogan « Tournez le dos aux TMS ».
Qu’est-ce que les troubles musculo-squelettiques ?
Les troubles musculo-squelettiques d’origine professionnelle sont des affections de structures corporelles telles que les muscles, les articulations, les tendons, les ligaments, les nerfs, les os et le système vasculaire local, qui sont essentiellement provoquées ou aggravées par l’activité professionnelle et les effets de l’environnement immédiat dans lequel celle-ci est exercée.
La plupart des TMS d’origine professionnelle sont des troubles cumulatifs qui résultent de l’exposition répétée à des pressions plus ou moins intenses sur une longue période. Les TMS peuvent toutefois aussi prendre la forme de traumatisme aigus tels que les fractures provoquées par un accident.
Ces troubles affectent principalement le dos, le cou, les épaules et les membres supérieurs mais ils peuvent aussi affecter les membres inférieurs. Certains TMS sont des troubles spécifiques qui se caractérisent par des signes et des symptômes bien définis, comme le syndrome du canal carpien affectant le poignet. D’autres se manifestent uniquement par une douleur ou un inconfort sans qu’un trouble spécifique soit clairement observé.
Quels sont les facteurs pouvant contribuer aux troubles musculo-squelettiques ?
Plusieurs groupes de facteurs peuvent contribuer aux TMS, tels que des facteurs physiques et biomécaniques, des facteurs organisationnels et psychosociaux ainsi que des facteurs individuels et personnels (voir l’encadré n°1). Ils peuvent exercer une action séparée ou conjointe.
Encadré n°1 : Facteur pouvant contribuer au développement des troubles musculo-squelettiques :
Facteurs physiques :
Facteurs organisationnels et psychosociaux :
Facteurs individuels :
Comment s’attaquer aux troubles musculo-squelettiques ?
Une approche global s’impose pour s’attaquer aux TMS. Elle ne doit pas être axée sur la seule prévention de l’apparition de nouveaux troubles mais également sur le maintien en fonction, la réadaptation et la réinsertion des travailleurs souffrant déjà de TMS.
Encadré n°2 : Lutte contre les troubles musculo-squelettiques, l’approche européenne :
Pour prévenir les TMS :
Maintenir en activité les travailleurs souffrant de TMS :
Les mesures préventives doivent s’attaquer à tout ce qui exerce une charge sur le corps et peut contribuer au développement de TMS. Ceux-ci ne résultent généralement pas d’un seul facteur, par exemple, la manutention manuelle est rarement la seule cause de douleurs du dos : de nombreux autres facteurs peuvent contribuer à leur développement, tels que le stress, les vibrations, le froid et l’organisation du travail. Il est donc très important d’évaluer l’ensemble des risques de TMS et de les traiter globalement.
Le maintien en activité des travailleurs souffrant de TMS doit faire partie intégrante de la politique relative aux TMS sur les lieux de travail. Les approches pluridisciplinaires associant la prévention et la réadaptation doivent être privilégiées. Il est particulièrement important que les travailleurs souffrant de TMS bénéficient d’un soutien social et organisationnel tant pour reprendre le travail que pour se maintenir en activité. Il est aussi important d’obtenir le soutien et l’engagement actifs des travailleurs à risque et des autres parties prenantes.
Les principaux aspects de l’approche européenne en matière de lutte contre les TMS sont exposés dans l’encadré n°2.
Selon une étude de cas portant sur le secteur hospitalier s’attaquer aux sources
des troubles musculo-squelettiques est une opération rentable.
Les tâches effectuées par les employés de la blanchisserie d’un grand hôpital les exposaient au risque de lésions dans le bas du dos et aux épaules. Elles les obligeaient à la fois à se pencher trop en avant pour soulever le linge sec ou humide, à faire des efforts prolongés et à travailler dans des postures inconfortables.
Sur la base d’une évaluation ergonomique à laquelle ont participé des experts, des employées et la hiérarchie, des changements ont été introduits dans la blanchisserie sous la forme notamment d’une modification des postes de travail et de l’équipement, de la rotation des emplois et de la fourniture d’un retour d’information aux employés.
Ces mesures ont permis de réduire de 62 % les absences du personnel pour maladie, d’améliorer la productivité de 12 %, de diminuer de 20 % le paiement d’heures supplémentaire et d’améliorer le moral du personnel. Le coût total de l’intervention s’est élevé à 29 030 livres sterling : en supposant que le cycle de vie du processus soit de trois ans à partir de la date de l’intervention, le bénéfice net qui en a résulté s’est élevé à 209 739 livres sterling pour un temps de retour sur investissement de 4,38 mois.
Source : © Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, (date). Reproduction autorisée sous réserve de la mention de la source.